Spécialités locales

Lesvos est ornithologiquement connu car étant à la croisée des chemins de migration africain et asiatique, mais pas seulement… il s’agit d’un des rares endroits d’Europe où l’on peut observer Bruant cendrillard et Sittelle de Krüper, lestars du coin, pas des endémiques mais beaucoup ne se déplacent que pour les voir. Le premier étant estivant sur l’île, je ne risque pas de l’apercevoir en cette fin octobre, même en étant très chanceux… C’est donc à la recherche de la petite sittelle que je vais me lancer. Il faudra se lever tôt, les observations s’effectuent le plus facilement avant 9h. Pas de problème, motivation au maximum, me voilà sur les lieux du crime de bonne heure et de bonne humeur… et un peu fatigué aussi. J’arpente les sentier de la forêt en long , en large et en travers. Je tends l’oreille, l’oeil affuté, me retournant au moindre bruit. Mésange charbonnière et Rougegorge familier me tiennent compagnie, une Fauvette à tête noire m’accompagne ainsi qu’une ribambelle de Pinsons des arbres… mais pas de sittelle… J’entends tambouriner le Pic mar, mais lui aussi se montre très discret et, justement, ne se montre pas. Le temps passe et mes chances s’amenuisent, je repars en sens inverse… arrivé à quelques mètres de la voiture, j’aperçois un oiseau grimper sur le tronc d’un pin… un Grimpereau des jardins… vous y avez cru à la sittelle, hein? Bah non, pas de sittelle pour aujourd’hui.

DSC_2581Grimpereau des jardins  

Je reprends la route et décide de retourner aus salines. Histoire de voir si mes amis les pélicans sont toujours là… et ils sont toujours là… loin, mais ils sont là. Accompagnés de quelques Hérons cendrés et d’un nombre assez élevé de Grandes aigrettes… 78 (mais 25 selon la police). Un pélican créa la panique, et les grands oiseaux blancs se projettent dans le ciel. Des oiseaux blancs oui, mais trois ne le sont pas… bien cachées dans la masse, trois Cigognes noires s’envolent à leur tour. Comme la veille, je fais demi-tour avant le ruisseau.

DSC_2593Cigogne noire

Et comme la veille également, je décide de faire les pistes aux alentours. Je retourne du coté de la Chouette chevêche et des Tadornes casarca. Si la première est absente, les autres, bien que très éloignés, sont toujours là. Je marche le long de la plage en direction d’un petit ponton sur lequel je vois quelques oiseaux perchés, ce sont des cormorans… oui mais pas n’importe quel cormoran, des Cormorans huppés… oui mais pas n’importe quel Cormoran huppé, des Cormorans huppés de Méditerranée. Cette sous-espèce de Méditerranée est plus blanche que l’espèce nominale, mais comme elle, elle a sa petite houppette, ses jolis yeux verts et se rencontrent principalement près de promontoires rocheux.

DSC_2671Cormoran huppé de Méditerranée

C’est pas tout ça mais l’heure passe et je n’ai toujours pas de photo de Corneille mantelée… l’occasion va bien se présenter, c’est sûr… mais c’est un autre corvidé qui éveillera mon attention à ce moment là. Je viens de m’arrêter quelques minutes pour acheter mon ravitaillement, et alors que je reviens sur le parking désert, je vois un piaf passer de branche en branche et qui, finalement s’immobilise pour manger tranquillement. C’est un geai, un Geai des chênes du Moyen-orient (Garrulus glandarius atricapillus) qui se distingue du Geai des chênes « français » par une calotte noire,un bec plus épais et un front blanc.

DSC_2642Geai des chênes du Moyen-orient

Les champs labourés sont des lieux privilégiés pour les pipits et bergeronnettes qui s’y montrent moins farouches, trop occupés à chercher de quoi se mettre dans le bec. L’une d’elle s’approchera un peu plus que les autres.

DSC_2663Bergeronnette grise

Comme pour me dire au revoir, la dernière espèce photographiée sera la Corneille mantelée… enfin… je n’allais quand même pas partir sans l’avoir immortaliser.

DSC_2647Corneille mantelée

C’est ainsi que s’achève cette journée et demi d’observation. Une quarantaine d’espèces contactées, quatre coches (Faucon kobez, Tadorne casarca, Pélican frisé et Buse féroce), deux sous-espèces locales (Cormoran huppé de Méditerranée et Geai des chênes du Moyen-orient) et une Tortue grecque… un bilan que j’estime très positif, tant pour les espèces observées, que par la qualités des obs’. Et encore une expérience qui me conforte dans cette drôle d’idée selon laquelle faire de l’ornitho est plus facile à l’étranger.

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